Par Julien Gobert, vice-président du SNVEL, et Anne Daumas, directrice du SNVEL
On parle souvent du vétérinaire libéral comme d’une catégorie abstraite. Or il n’y a rien d’abstrait dans l’exercice réel. Il y a des consultations, des urgences, des équipes à manager, des recrutements avec des contrats à relire, des obligations à anticiper, des clients à rassurer, des investissements à assumer, des arbitrages à prendre vite, parfois seul, souvent tard. Il y a aussi des trajectoires très différentes : jeune collaborateur libéral, associé dans une structure vétérinaire ou dans un groupe, praticien canin, rural, équin, mixte, en exercice exclusif, spécialiste ou itinérant. Mais derrière cette diversité, un point commun revient sans cesse : beaucoup trop de vétérinaires gèrent encore seuls les sujets sensibles de leur exercice. C’est à partir de cette réalité qu’il faut juger l’utilité d’une adhésion au SNVEL : sur ce que cela change réellement au quotidien.
Les vétérinaires adhèrent lorsqu’ils comprennent que cela peut les aider dans leur quotidien, dans leur trajectoire professionnelle et dans la protection de leur cadre d’exercice. C’est sur cette base qu’il faut apprécier l’utilité du SNVEL.
Le SNVEL est une organisation professionnelle utile à l’exercice libéral réel. Utile parce qu’elle aide. Utile parce qu’elle défend. Utile parce qu’elle outille. Et utile aussi parce qu’elle rend plus activables certains services, avantages ou accompagnements qui comptent concrètement quand on exerce, qu’on s’installe, qu’on s’associe ou qu’on cherche à sécuriser son activité.
Cette utilité se vérifie dans des situations très concrètes. Un collaborateur libéral s’interroge sur son contrat. Un titulaire doit gérer une rupture ou une clause sensible. Une structure veut mieux cadrer un recrutement, sécuriser une décision de management ou fiabiliser son organisation. Un praticien réfléchit à une reprise, à une association ou à la valorisation de son activité. Une clinique subit un avis négatif et ne sait pas comment reprendre la main. C’est sur ce terrain-là que se mesure la valeur réelle d’une adhésion.
Sur ces sujets, le SNVEL dispose d’une offre concrète. Les ressources et appuis proposés couvrent le droit social, les contrats, les RH, l’organisation, la gestion, la comptabilité, le management, les documents d’exercice et l’assistance d’experts. À travers RESOVET et les ressources du collectif SNVEL, les adhérents ont accès à des modèles de documents, à un appui juridique, à une analyse des contrats, à des notices explicatives et à une aide à la rédaction contractuelle. S’y ajoutent l’assistance en droit social, une première consultation juridique, un accompagnement sur l’e-réputation, des ressources pratiques actualisées et un appui en contentieux. Ce n’est pas spectaculaire. C’est utile. Et c’est précisément ce que beaucoup de praticiens cherchent : une réponse personnalisée et immédiatement activable.
Beaucoup de décisions coûteuses dans une carrière vétérinaire sont prises dans le flou, dans la fatigue ou dans l’urgence, avec des informations incomplètes. Tout ce qui permet de réduire cette zone grise a de la valeur. C’est aussi cela, l’enjeu du SNVEL : aider à éviter que les problèmes ne se cristallisent.
On réduit souvent l’adhésion SNVEL à une cotisation. C’est une vision trop étroite. Une adhésion, c’est aussi entrer dans un réseau, dans une communauté et dans un écosystème d’informations, de relais et d’outils qui prennent toute leur valeur face aux réalités de l’exercice.
Le SNVEL s’appuie d’abord sur un maillage humain : délégués locaux, groupes de pairs, réunions de proximité, échanges entre professionnels confrontés aux mêmes réalités. En 2024, une trentaine de réunions locales ont ainsi été organisées pour former, informer et échanger. Pour beaucoup de vétérinaires, surtout dans les périodes de tension, la valeur d’un réseau tient à la possibilité réelle de parler à quelqu’un qui comprend le contexte et peut orienter utilement.
Cette logique gagne en efficacité avec les commissions thématiques par mode d’exercice. Collaborateurs libéraux, propriétaires exclusifs, associés de groupes, vétérinaires en exercice exclusif : ces quatre commissions ont été créées pour faire remonter des réalités que le débat collectif traite parfois mal, faute de cadre. Leur fonctionnement a été pensé pour rester opérationnel : membres exerçant effectivement dans le domaine concerné, réunions régulières en visio, comptes rendus partagés, sous-groupes de travail possibles, synthèse annuelle et lien direct avec le conseil d’administration. L’objectif est simple [AA1] : faire en sorte que la pluralité réelle de l’exercice libéral produise du travail utile.
La même ambition se retrouve dans la plateforme communautaire des adhérents SNVEL. La profession a besoin de moins de dispersion, de moins d’informations perdues entre mails, pièces jointes, documents introuvables et canaux parallèles. C’est la promesse de cette plateforme : devenir progressivement le point d’entrée de la vie du SNVEL. Intranet, réseau social des adhérents, base documentaire, annuaire, espaces régionaux, agenda, visio, application mobile, travail des commissions, échanges de projets : cette plateforme n’a de sens que si elle simplifie. Son intérêt est pratique. Elle rend l’adhésion plus vivante, plus accessible, plus utilisable.
Le SNVEL ne peut pas prétendre représenter l’avenir du libéral s’il ne travaille pas réellement avec les jeunes générations. Les SNVEL Junior sont là pour les étudiants, et le SNVEL accompagne aussi ceux qui exercent déjà en collaboration libérale ou envisagent de s’installer.
Plusieurs initiatives vont dans ce sens. Le programme Les voix vétérinaires, reconduit dans les quatre écoles nationales vétérinaires pour 2025-2026, travaille la prise de parole en public. Un programme de mentorat d’un an accompagne en 2026 de jeunes vétérinaires sortis des écoles depuis moins de sept ans. Le SNVEL a aussi contribué à des dispositifs comme STAGEVET, en partenariat avec les ENVF, les organismes techniques et La Dépêche Vétérinaire. Tout cela participe d’une même logique : faire de l’adhésion un appui de trajectoire, plus précoce, plus concret, plus lisible.
La valeur de l’adhésion s’éprouve aussi dans la vie professionnelle réelle. C’est le sens des initiatives, partenariats et avantages négociés : ISOVET pour la négociation, SAPV pour la fourniture professionnelle, APFORM pour certaines formations, La Dépêche Vétérinaire pour l’information professionnelle, STAGEVET pour le lien avec les jeunes, la protection sociale avec de spartenaires tels qu’AG2R La Mondiale ou GPM et des perspectives de solutions autour de l’installation, du financement ou du démarrage d’activité avec des partenaires comme LCL et Interfimo. Un vétérinaire doit pouvoir percevoir que son adhésion lui ouvre aussi des portes, des services, des conditions préférentielles, des outils et des accompagnements qui comptent dans sa vie professionnelle.
Le partenariat avec LCL l’illustre bien : les discussions portent sur des offres autour de la collaboration libérale et de l’installation, avec des solutions pensées pour le démarrage et certains besoins de financement. RESOVET contribue aussi à sécuriser les conditions concrètes de l’entrée et du développement dans l’exercice libéral. Sur le plan tarifaire, même logique : l’offre d’adhésion a été retravaillée pour devenir plus lisible, avec trois niveaux de remises selon les situations d’exercice ou financières, avant une refonte plus complète prévue pour 2027.
Réduire le SNVEL à une addition de services et d’avantages serait pourtant une erreur. Il agit aussi là où les conditions d’exercice se décident sans vous si vous n’êtes pas représenté.
Le SNVEL intervient sur les conventions collectives, le dialogue social, la veille réglementaire, la défense du statut libéral, la représentation auprès des institutions françaises et européennes, la médiation, et la mobilisation lorsque l’environnement professionnel se tend. Il a également porté des dossiers structurants comme la défense du modèle prescription-délivrance, le monopole vétérinaire de l’identification électronique des carnivores domestiques, ou l’obligation d’identification des chats depuis 2012. Sur la collaboration libérale, le travail mené avec une notice en libre accès et une hotline dédiée a permis d’aider titulaires et collaborateurs à mieux utiliser un statut encore parfois source d’incompréhensions. Plus récemment, le SNVEL a aussi travaillé sur des sujets comme la permanence et continuité des soins, la facturation électronique, ou encore l’écoute de certains exercices moins visibles à travers les nouvelles commissions et des enquêtes ciblées.
Ce qui fragilise un exercice libéral ne vient pas seulement de l’intérieur d’une clinique. Cela vient aussi des évolutions réglementaires, des rapports de force économiques, des réformes en préparation, des sujets sanitaires et des transformations du marché. Avec une représentation forte, la profession dispose d’une voix, d’un travail d’anticipation et d’une capacité d’influence.
Le SNVEL ne parle pas à une seule catégorie de vétérinaires. Il parle aux jeunes, aux collaborateurs, aux associés et propriétaires, aux vétérinaires en groupes, aux canins, aux ruraux, aux équins, aux mixtes, aux exercices exclusifs. Tous ont besoin de réponses, de relais, d’outils et d’une représentation solide.
La profession vétérinaire reste confrontée à des tensions lourdes : charge de travail, pression économique, mutations du marché, exigences réglementaires, difficultés de recrutement, fragilité de certains équilibres territoriaux, nouvelles attentes des jeunes générations. Personne ne peut promettre de faire disparaître ces réalités. En revanche, un collectif utile peut aider à mieux les traverser, à mieux les anticiper et à mieux défendre le cadre dans lequel le libéral continue d’exercer.
C’est à cela que doit servir le SNVEL. À aider. À relier. À défendre. À outiller. À rendre l’exercice libéral plus lisible, mieux soutenu, et plus solide dans la durée.
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